Sous la double influence des cultures populaires (littérature policière, roman photo, fumetti neri) et de l’iconographie catholique, le giallo, genre cinématographique apparu en Italie, reste méconnu. Mélangeant allègrement les registres du policier, du fantastique, de l’horreur et de l’érotisme, le genre explore l’inconscient d’un pays qui voit s’éteindre l’euphorie des années 1960 pour basculer dans la violence des « années de plomb ». Tout en se faisant le commentaire sociétal et parfois politique de la modernité de son temps, le giallo amène également un renouvellement des formes filmiques, nourri d’expérimentations sonores, graphiques et techniques. Marqués par l’imaginaire hitchcockien, les réalisateurs dépassent les conventions du maniérisme ludique pour se faire les peintres d’un monde fantasmatique et dystopique, mariant le cauchemar et la satire, la poésie et le grotesque. Cet ouvrage richement illustré parcourt son histoire à partir d’un corpus d’une trentaine de films, des plus emblématiques (Mario Bava, Dario Argento, Lucio Fulci) aux moins connus (Paolo Cavara, Emilio Paolo Miraglia, Armando Crispino, Mario Caiano…).
ISBN: 979-10-97309-49-7
En première de couverture : Six femmes pour l'assassin (1964), de Mario Bava, d.r.

Morgan Iadakan –
Genre ultra-attractif mais globalement réduit, avec le temps, à une niche d’aficionados obsessionnels et compulsifs, il n’est pas facile de lire de nouveaux livres ayant trait au giallo qui peuvent se targuer de nous faire re-découvrir un peu le genre ou d’apporter une pierre un peu intéressante à l’édifice. Sur ce terrain, Alice Laguarda ne démérite pas, traitant moins le genre comme une phase jouissive du cinéma populaire italien des années 1970 que comme un mouvement quasi pictural et réalisé par des plasticiens. Excellent point de vue et ouvrage brillant.