« “La mémoire de la disparition agit dans
tout le cinéma de Kurosawa. C'est une nécessité
tant formelle que narrative, tant esthétique qu'éthique.
Ce processus vertigineux fait remonter le réel dans la
fiction, fait éclater le souvenir en plein milieu amnésique”,
écrit Diane Arnaud qui ne se contente pas d'analyser
avec une toute particulière exigence le style formel
du “jeune Kurosawa” – qui n'a d'ailleurs pas
de lien de parenté avec Akira Kurosawa – mais établit
les références ou connexions entre cette œuvre
et celle d'autres cinéastes. On retrouve ainsi, au fil
de ces pages, Alain Resnais et La Féline de Jacques Tourneur,
L'Éclipse, Les Innocents et Soleil
vert, Tarantino, Francis Bacon, Nosferatu et Jean-Luc Godard.
L'auteur ajoute : “Les différents malaises des
personnages dans leur environnement révèlent une
peur bleue du passé et un noir désespoir de l'avenir.”
Parallèlement à la rigueur du texte, le choix
des photos et photogrammes illustre remarquablement le propos.
À ce sujet. la double page, qui met en rapport Kwaidan,
Les Contes de la lune vague après la pluie,
Hiroshima mon amour et Kairo, ce dernier film
étant le seul de Kurosawa, est éblouissante. Diane
Arnaud s'attache tout particulièrement aux cadrages,
au choix des angles de caméra et aux couleurs. Une étude
rigoureuse d'une rare exigence. »