Film exceptionnel, hors normes, Freaks
(La Monstrueuse Parade, 1932) compte parmi les plus
grandes réalisations du cinéma mondial. Homme
de cirque, de music-hall et des tréteaux de foire avant
de passer derrière la caméra, Tod Browning projette
sur grand écran son amour du spectacle vivant en filmant
l’histoire du nain Hans manipulé par la belle
trapéziste Cleopatra, et en faisant appel à
des personnes vraiment victimes de déformations physiques.
Le cinéaste a puisé son sujet dans une nouvelle
de Clarence Aaron “Tod” Robbins, publiée
en 1923 sous le titre « Les éperons » (« Spurs
»), dont les éditions Rouge Profond proposent
la première traduction en France. Rappelant que l’écrivain
a déjà inspiré au réalisateur
Le Club des trois (1925), Boris Henry procède
à une comparaison entre le texte et le film, revenant
sur les étapes d’écriture du long métrage,
ses partis pris formels, le traitement qu’il réserve
aux phénomènes – à l’origine
de vives controverses au sein même de la M.G.M. Authentique
miracle de production, Freaks compte parmi les pièces
maîtresses de la filmographie de Tod Browning, qui venait
d’adapter avec succès Dracula.
Nouvelle traduite de l'américain (États-Unis)
par Jean Marigny.