Le livre aborde,
à travers la figure plurielle du spectateur, l’ensemble
de la filmographie du réalisateur des deux Gremlins
– et de bien d’autres films, parfois moins connus
mais tout autant atypiques (Panic sur Florida Beach).
Car ce « je », bien entendu, c’est d’abord
Joe Dante lui-même, dont les goûts cinématographiques
puis la carrière de critique de cinéma, de spectateur
premier et professionnel par conséquent, ont grandement
façonné la démarche de cinéaste.
Mais « je », c’est également moi,
le spectateur, moi qui suis mis en jeu à la fois par
un savoir cinéphilique qui n’a de cesse de s’exhiber
et par une démarche esthétique paradoxale. Comprendre
le cinéma de Joe Dante consiste donc à saisir
les particularités des citations et des autocitations
qui l’émaillent, à interroger leur fonctionnement,
leur sens ainsi que les problèmes de lisibilité
qu’elles sont susceptibles d’entraîner ;
cela revient aussi à déterminer la place du
spectateur par rapport à la fiction grâce à
l’étude de quelques dispositifs ludiques (écrans
déchirés, regards à la caméra,
etc.). Enfin, les terrains de jeu privilégiés
du récit sont dépeints à travers certains
aspects de l'Amérique dans laquelle le cinéaste
invite littéralement à se plonger, comme le
montre l’analyse détaillée des Banlieusards.
Aux diverses approches viennent se mêler des propos
inédits recueillis par l’auteur, où Joe
Dante alterne prises de position et anecdotes signifiantes.