Lalo
Schifrin est l’un des très
importants compositeurs de la modernité cinématographique
(Les Félins, Bullitt, Le Renard,
Les Proies, La Peau) et de l’espace
hollywoodien en son entier – du film fantastique comme
Amityville à Opération Dragon
(Tarantino ne cache pas qu’il adore cette musique) et
Rush Hour, sans oublier les génériques
de séries télévisées passés
à la postérité : ceux de Mannix,
de Starsky & Hutch et celui de Mission impossible,
le plus célèbre thème de série jamais
conçu pour la télévision. Créateur
prolifique dans le domaine de la bande?son (plus de trois cents
partitions), il est aussi musicien de jazz : il fut, comme pianiste,
compositeur et arrangeur, l’un des compagnons privilégiés
de Dizzy Gillespie – pour qui il a écrit, en 1961,
la célèbre suite Gillespiana. Il a également
donné des partitions classiques et des pièces
contemporaines pour cordes.
Georges Michel s’est entretenu avec
Lalo Schifrin à Los Angeles. Durant une semaine, l’artiste
a évoqué son apprentissage, sa fréquentation
du milieu du jazz, ses idées sur la musique de films,
ses liens à Hollywood (notamment ses collaborations marquantes
: avec Don Siegel, John Boorman, Georges Lucas, Clint Eastwood,
Peter Yates, Sam Peckinpah), ses méthodes compositionnelles.
Il livre des anecdotes passionnantes à propos des personnalités
qu’il a côtoyées (Gillespie, Count Basie,
Quincy Jones…), revient sur sa collaboration houleuse
avec William Friedkin pour L’Exorciste (dont
il a composé la première bande originale).
Le livre d’entretiens issu de cette
rencontre est accompagné de la discographie complète
de l’artiste, et enrichi d’une iconographie largement
nourrie par les archives personnelles de Schifrin. Il reproduit
des pages de partitions célèbres, une lettre de
Norman Jewison évoquant sa collaboration avec le musicien
pour Le Kid de Cincinnati, et retranscrit la séance
de travail d’Osterman Week-end, durant laquelle
Sam Peckinpah et le compositeur dialoguent.
Lalo Schifrin lui-même considère
Georges Michel, musicien et musicographe, comme le meilleur
spécialiste actuel de son œuvre, tous genres confondus.
(Georges Michel a publié dans le n° 2 de Simulacres
(printemps 2000) un entretien remarqué avec le compositeur.)