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novembre 1963 : John F. Kennedy est assassiné à
Dallas. À l'aide d'une caméra Super 8, Abraham
Zapruder filme l'événement et l'explosion du crâne
du président. 26 secondes au cours desquelles l'Amérique
bascule. Ce film spectaculaire, censé détenir
la vérité d'un événement dont les
exégèses s'avéreront inefficaces, porte
alors un coup fatal au principe de transparence sur lequel est
fondé le cinéma hollywoodien classique. C'est
toute l'idéologie du visible, supposant l'adéquation
parfaite entre la visibilité et la compréhension,
qui se trouve remise en question. Rapidement, le film de Zapruder
devient l'emblème d'une innocence perdue et l'un des
foyers majeurs de l'histoire des images au xxe siècle.
Il contraint ainsi le cinéma américain à
inventer de nouvelles formes, repérables aussi bien dans
les films d'Arthur Penn, de Brian De Palma, d'Alan J. Pakula,
d'Oliver Stone et de Clint Eastwood que dans le film d'horreur
réaliste, dont il fut l'incontestable source.
Existe-t-il
une réalité possible hors de l'image qui la représente ?
Peut-on dire l'une indépendamment de l'autre ? Quel
rôle le cinéma a-t-il joué depuis, dans
la fabrication de l'histoire américaine et de sa mythologie ?
11
septembre 2001 : Les deux tours du World Trade Center s'effondrent,
sous les mille yeux des caméras de télévision.
Un cycle s'achève. En quoi ces deux événements
sont-ils jumeaux ? De quelle singularité américaine
sont-ils dépositaires ?